vendredi, novembre 30, 2007

Marelle, Yaki et Corde à danser (deuxième partie)
Article parent: Les origines du jeu

2. Yaki

2.1 Les règles
2.1.1 Coopération
2.1.2 Horloge
2.1.3 Le PORC

2.2 L'interprétation
2.2.1 Espace de jeu
2.2.2 Horloge et solo/coopération
2.2.3 PORC ou autre mot
2.2.4 Le yaki
2.3 Conclusion
2.3.1 Extrapolation
2.4 Compréhension


2. Yaki
Un autre jeu dont je fis connaissance au primaire; le yaki. À la base, c'est un sac de cuir rempli de grains, mou mais pas trop, permettant un certain contrôle lorsque frappé avec le pied. On peut en savoir plus sur le sujet sur Wikipedia, mais ça n'est pas nécessaire pour la compréhension de l'article. Je prendrai les règles que j'utilisais étant jeune.


2.1 Les règles
À toutes les variantes du yaki sont communes quelques règles. On doit maintenir le yaki au-dessus du sol en utilisant les pieds, l'échappée ou l'attrapée du yaki termine une session de jeu et une règle implicite veut qu'une gravité artificielle soit appliquée sur le yaki, comme quoi les joueurs doivent prioriser un point central lors d'une session. Par exemple, si une partie commence à mi-chemin entre la borne fontaine et la voiture, il y a de fortes chances pour qu'elle se termine à mi-chemin entre la même borne fontaine et la même voiture.

2.1.1 Coopération
La façon de jouer par défaut, celle qu'on sous-entend lorsqu'on demande à quelqu'un s'il veut jouer au yaki. Ce mode se joue aussi seul et, respectant les règles citées précédemment, n'a pour objectif que de donner le plus de coups de pied possible au yaki pendant une session de jeu (avant une attrapée ou une échappée). Il ne faut pas se confondre; l'objectif n'est pas une durée, mais une quantité.

2.1.2 Horloge
L'horloge est un duel sans contacts et se joue donc, par définition, à au moins deux joueurs. À tour de rôle, chaque joueur doit donner un coup de pied de plus au yaki que le joueur précédent lors de sa session, et seulement un. Un joueur qui faillit à la tâche est éliminé et la partie s'achève lorsqu'il ne reste qu'un joueur qui peut continuer à tenter de se battre lui-même. Une variante de l'horloge permet aux joueurs de donner autant de coups qu'ils en sont capables; la progression du défi s'en retrouve fortement accélérée.

2.1.3 Le PORC
Cette variante est un combat direct entre joueurs. Exceptionnellement, une attrapée ne signifie pas toujours la fin d'une session. La raison, après trois coups de pied, donnés par au moins deux joueurs différents, les joueurs doivent atraper le yaki et le projeter sur un adversaire de leur choix. S'il le touche et que le yaki tombe par terre, le joueur touché gagne une lettre. Si on joue au PORC, il gagnera les lettres P, O et R, puis sera éliminé lorsqu'il obtiendra la lettre C. Selon la durée qu'on veut donner à la partie et le nombre de joueurs, on pourra utiliser un mot différent. Pour une longue durée et agrandit le mot et pour un grand nombre de joueurs on le rétrécit.

2.2 L'interprétation
2.2.1 Espace de jeu
Comme dit, une gravité artificielle est appliquée sur le yaki. L'espace de jeu n'a généralement pas (besoin) de limites explicites compte tenu de ce fait. Ce jeu crée donc une liberté artificielle, du fait qu'il est possible d'aller n'importe où, mais l'intérêt est centralisé. Je citerai comme exemple le jeu indépendant fl0w. Bien qu'il soit possible d'aller dans une direction pour une durée infinie, on ne trouvera rien d'autre que du vide (bref, rien d'autre, point).

2.2.2 Horloge et Solo/Coopération
Ces deux modes ont un point en commun: le dépassement. Qu'on cherche à se dépasser ou à dépasser l'autre, la session doit être la plus longue possible. Si on compare aux jeux vidéos, on pourrait dire que l'horloge se rapproche de Super Mario Bros. 3 et que de jouer en solo ou en coopération se rapproche d'avantage de Contra en terme d'interaction entre les joueurs.

Ce qui rend ces façons de jouer si intéressantes, c'est que la victoire peut être personnelle (se dépasser soi-même) ou non (dépasser les autres). Mais encore là, dépasser les autres exige de se dépasser soi-même. Le plaisir de la victoire est donc ressenti et intensifié à chaque coup de pied donné au yaki lors d'une session de jeu et atteint son paroxysme lorsqu'on dépasse notre score le plus haut. Considérant ceci, il devient possible de gagner plusieurs fois en une session (lorsqu'on a dépassé notre score, chaque coup de pied au yaki nous permet de le dépasser à nouveau). Le principe est un peu le même qu'au pinball: faire un maximum de points sans échapper la balle. Si vous voulez un exemple concret, jouez à Population Tire.

2.2.3 PORC ou autre mot
Variante du yaki plus agressive que les précédentes, le PORC se joue généralement à trois joueurs ou plus. Il amène une composante nouvelle au jeu et d'autant plus intéressante: la possibilité de choisir.

Un premier choix est fait au début du jeu: celui du mot. On pourrait croire que le mot n'a un effet que sur la durée de la partie, mais aussi sur la volonté de gagner des joueurs. Admettons qu'un professeur particulièrement détesté pour ses méthodes et son hygiène douteuse se nomme Robert (nom fictif en passant) les joueurs pourraient très bien décider de jouer au BOB plutôt qu'au PORC. Le mot choisit, vu de l'extérieur, en a donc long à dire sur ce que les joueurs craignent ou rejettent.

Un deuxième choix survient lorsqu'un joueur atrape un yaki qui vient d'être frappé trois fois; celui de la cible. Le choix est guidé par: la proximité de la cible, sa capacité à éviter/attraper le yaki, son état (nombre de lettres à son actif)
et sa position hiérarchique implicite ainsi que la vengeance envers la cible.

À titre de comparaison, la règle de trois coups avant d'attraper le yaki ressemble beaucoup à ce qu'on peut voir dans Mario Strikers Charged sur la Wii; dans ce jeu de soccer, faire plusieurs passes entre joueurs à répétition charge le ballon et rend un botté au but plus puissant.

2.2.4 Le yaki
Le seul objet nécessaire au jeu (bien que les souliers soient conseillés) est le yaki, ce petit sac remplis de grains. Pour citer Wikipedia: "
Un footbag (ou hacky sack) est une petite balle en tissu ou cuir d'environ 5 cm de diamètre et qui pèse 40 grammes. Un footbag n'est pas rempli d'air mais de billes (de plastique ou/et de plomb) ou de grains (de sable ou de riz), c'est pour cela qu'on l'appelle bag (sac) et non ball." Cet objet est un objectif pour le joueur qui veut se dépasser et devient une munition dans une partie de PORC.

Lorsque plus d'un joueur font partie d'une session, la concentration n'est plus seulement sur le sac, mais aussi sur les autres. Aussi inerte qu'il puisse être, ce sac peut être à l'origine d'un fort sentiment de victoire, d'une puissante détermination et même de colère. C'est aussi un moyen inoffensif de se défouler, mais par les actions faites (coup de pied, lancer à un autre joueur) plutôt que par le dépense d'énergie physique.

2.3 Conclusion
Voici donc, en un condensé, les particularités du yaki: on a un monde illusoirement ouvert, du fait qu'il est sans limite mais que trop loin du centre, le jeu perd son intérêt. On a ensuite un jeu dans lequel le but est de jouer et de se dépasser; chercher à atteindre un but variable, ce qui fait que malgré que le jeu reste le même, l'objectif change. En troisième lieu, le sujet de la composante sociale dans le jeu a été effleurée avec le PORC. Grâce à sa simplicité extrême, le yaki nous a permis de remarquer différentes possibilités quant à l'usage de l'espace et la gravité artificielle. Certains jeux incorporent des règles afin de forcer cette gravité, tels les jeux de combats spatiaux (StarFox 64 par exemple) faisant en sorte que lorsque le joueur "sort" de la zone de combat, il est ramené automatiquement à l'intérieur de celle-ci.


2.3.1 Extrapolation
Je ne l'ai jamais fait, quoique peut-être. Une façon de faire varier le yaki en ayant un objectif fixe donnerait à peu près ceci:

On utilise les règles de base, c'est-à-dire qu'on maintient le yaki en l'air à coups de pied et la session se termine lorsqu'on l'attrape ou lorsqu'il touche le sol. La différence est ici qu'on commence sur l'herbe d'un côté de la rue et qu'on doit traverser la rue en jouant et finir la session par une attrapée. On a donc un but fixe, peu importe le nombre de partie qu'on va jouer: traverser la rue. On peut bien sur faire varier, avec des trajets en pente, en courbe, etc. Puis on donne un nom thématique: la grenouille. Il devient possible de jouer de façon coopérative, ou un contre l'autre en même temps si chacun a son yaki, ou chacun son tour et le gagnant est le premier à réussir une session juste avant que l'autre n'échoue la sienne.

2.4 Compréhension
Ayant peu de contenu, l'article devrait être plutôt simple à assimiler. Pour ceux qui veulent pousser d'avantage, je conseillerais de lire différentes règles et façon de jouer au yaki et tenter de retrouver ces façons de faire dans différentes jeux vidéos. Une façon de développer le jeu du yaki serait d'aller chercher des règles ailleurs et de les incorporer, ou de tenter de créer un jeu inspiré du yaki en terme d'espace, de règles ou d'objectifs (Population Tire reste un bon exemple de ce qui peut être réalisé en terme d'objectif, et fl0w en ce qui concerne l'espace de jeu).

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1 Comments:

Blogger Mathieu Montreuil a dit...

Intéressant, je n'ai joué au Yaki que 2 ou 3 fois et je ne connaissais pas ces autres modes de jeux (comme le PORC). Je trouve aussi la remarque sur un monde "illusoirement ouvert" vraiment intéressant; comment le fait de faire sauter les barrières amène en fait le joueur à se concentrer davantage sur le coeur du jeu. A méditer.

12:51  

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